Actu : De la violence, de l’insurrection et des radis. C’est la guerre à République ! (par James Nettoyant-Vitre)

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C’est le printemps à Paris, et place de la République se mêlent en un parfum subtil odeurs de fleurs, merguez grillées et fumigènes.Il se passe ici quelque chose d’une effroyable violence. On parle des dégradations matérielles. Des banques aux vitres cassées, des  publicités aux arrêts de bus taguées de slogans agressifs quand ce n’est pas recouvert d’affreux dessins d’enfants.  Mais il y a bien pire. Il y a bien plus sauvage, et j’ai pu le voir de mes propres yeux…

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Sur la place, dimanche, de dangereux activistes ont enlevé les grilles au pied des arbres pour y planter des fleurs et des graines de radis. Mais que cherchent-ils à faire ? Imaginez simplement l’absurdité de déambuler sur la place, ennuyé par des odeurs de fleurs, ou pire encore, cette vision gênante et impudique : des gens qui viendraient y ratisser un potager en sifflotant.

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Les initiatives malsaines du même acabit pullulent sur cette place de débauche. Tous les jours, des associations subversives proposent de faire du dessin, ou cuisinent et offrent des repas à prix libre. Des individus sombres et louches proposent des livres de philosophie, économie, anthropologie pour moins d’un euro, quand ils ne photocopient pas purement et simplement des essais de Bourdieu, Deleuze et autres conteurs de fariboles dans le but  de vulgariser du savoir sans même que les gens aient à le payer. Toutes ces sottises pseudo-intellectuelles mises à portée la premier du premier SDF du coin… On se doute bien de tout ce que cela peut amener, n’est-ce pas ? Du dialogue. Et oui, voilà le plus terrible dans cette histoire.

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Figurez-vous que les gens se parlent. Des gens qui n’ont aucune raison de se parler, j’entends : des réfugiés irakiens et des étudiants, des fleuristes retraités, des ingénieurs, des ouvriers de Renault et des chauffeurs de taxi. Nous mettons ici le doigt sur une hérésie majeure. Les gens se rencontrent.
Inconcevable, ce hipster qui, au lieu de vendre des cactus et du café équitable, rappelle à chacun ses droits lors d’éventuelles garde à vue et offre des tracts. Inconcevable, qu’au lieu de s’insulter et de se contenter très calmement de lire ce que les journaux écrivent sur leurs voisins, ils cherchent à les rencontrer. Et ainsi, l’opinion public va colporter des rumeurs lamentables telles que : « Cet ouvrier a l’air gentil  « il existe réellement des chauffeuses de taxi ? Des femmes ? Qui conduisent ?!» « Grand Dieu, je ne pensais pas qu’on pouvait être noir, venir de banlieue et avoir du vocabulaire !»» « On m’a dit que cette personne qui avait des dreads n’était pas défoncée et ne possédait aucun chien. Il ne dit pas ACAB nike l’état non plus. C’est le monde à l’envers. ».

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Oui,  l’opinion publique devient dès lors plusieurs personnes ayant un prénom et une histoire qui rencontrent d’autres personnes ayant un prénom et une histoire et qui apprennent à se connaître et découvrent qu’en fait ils veulent tous la même chose, à savoir s’aimer, manger des bons trucs et être peinards.

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On a essayé d’arranger ça. On s’est dit que si on y mettait un porte-parole, il serait possible d’identifier un discours à dévoyer. Ça aurait été pratique. Mais non, ils n’en veulent pas, ces gens persistent à s’exprimer eux-mêmes et s’écouter entre eux. Notre presse nationale est pourtant allée, bravement munie de ses casques et de coûteuses caméras filmer des casseurs, (vrai visage de ce mouvement) ou encore chercher les gens avec l’air le plus débile pour leur poser des questions pièges afin de le diffuser à la radio et à la télé, mais, malgré tout, ce truc persiste et signe, l’opinion publique ne se contente plus d’écouter ces interviews et continue d’affluer sur la place, voir de ses propres yeux. Alors, on a cherché à savoir s’ils allaient faire un parti et tout ça, oser parler face aux vrais représentants de la France, nos politiques. Mais non ! D’une lâcheté et d’une mauvaise fois à peine avouable, ces gens se justifient en disant que des choses simples, débattre, échanger des bouquins, des contacts, des projets, des recettes est en soi un acte bien plus politique que d’aller voter. Pour sûr. Comment construire quelque chose sur ce système tellement libre qu’on n’est même pas obligés,  –rendez-vous bien compte- de montrer sa carte d’identité, ni de remplir un formulaire d’inscription pour participer. Je pourrais être djihadiste que ces gens me demanderaient de m’expliquer et m’écouteraient et essaieraient de discuter avec moi. A la lâcheté, il faudrait ajouter l’irresponsabilité pour la sécurité de l’état.

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Ces gens qui parlent là, qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Que c’est en s’associant, en changeant ses habitudes, en agissant avec les acteurs locaux, avec ses voisins, ses amis que l’on peut faire de la politique ? Mais non messieurs dame ! Mais non ! La politique est une affaire de professionnel : Regardez le nombre d’études qu’il faut faire et le pedigree qu’il faut pour percer dans ce milieu ! Et quand on pense que même avec tout cela nos élus n’y arrivent pas, on se demande bien ce que ces individus lambda pensent construire avec leurs propres idées !

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Encore heureux que nos CRS veillent. Que l’on puisse voir tout autour de la place, l’ombre bienveillante et rassurante de leurs Famas et matraques se détacher de leurs silhouettes en armure.
Il y a eu des bavures, certes, ce crétin en début de cortège à qui une femme demande « vous manifestez aussi ? » et lui qui ose répondre après un blanc « …je ne sais pas. ». Mais globalement, nous sommes rassurés, le travail a été bien fait. Quand on leur pose des questions, ils nous incitent à penser par nous-mêmes : « Faut pas croire tout ce que disent les médias de gauche. » « Médias de gauche, pléonasme », ajoutent-ils en riant. « Ce mouvement, c’était bien au début, maintenant c’est la rave party, la drogue et la violence. Tous les soirs pareils. » « On a au moins quatre gars qui se sont fait blesser ». On compte alors le nombre de civils –certes parfois innocents- matraqués, en garde à vue, incarcérés en quelques jours, et on se dit qu’ils peuvent être fiers du ratio, et conclure que nos CRS et  surtout ceux qui les dirigent font un travail exemplaire pour notre pays de libertés et fraternité.

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Article et photos : James Nettoyant-Vitre

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