Actu : Je ne consomme pas, je m’exprime (par Iman)

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La loi française énonce depuis 2001 et selon les articles 225-1 et 225-2 du code pénal que le boycott est considéré discriminatoire si il agit en « en fonction de l’origine, du sexe, de la situation de famille, de l’apparence physique, du patronyme, de l’état de santé, du handicap, des caractéristiques génétiques, des mœurs, de l’orientation ou identité sexuelle, de l’âge, des opinions politiques, des activités syndicales, de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée des membres ou de certains membres de ces personnes morales ».

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Le 20 octobre 2015, la Cour de Cassation vote l’interdiction totale de l’appel au boycott des produits en provenance d’Israël. C’est ainsi la première démocratie dans le monde à l’interdire. La campagne du Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) rejointe en 2005 par de nombreuses associations à travers le monde est la conséquence de l’appel des civils palestiniens dans une volonté de lutte non-violente et tactique contre l’apartheid et la colonisation des terres menés par le gouvernement israélien. Malgré la volonté irraisonnée du gouvernement français qui se complaît à rejoindre dans le discours les interventions des autorités gouvernementales israéliennes, il est nécessaire de rappeler dans la mémoire collective que le boycott est, historiquement et dans les faits, la manière la plus pacifiste et efficace de signifier son opposition quant à la politique mené dans un état.

Face à la solidarité citoyenne et populaire générée par l’initiative du BDS, le premier représentant de l’autorité israélienne, Netanyahu déclare sans vergogne que cette contestation rappelle de mauvais souvenirs appartenant à une période sombre de l’Histoire. Cette intervention suivie de plusieurs autres du même acabit prouve ostensiblement la volonté du gouvernement israélien de se cacher derrière l’histoire juive pour ne pas se responsabiliser quant aux conséquences actuelles de leurs actes barbares depuis plus d’un demi-siècle. Le mouvement BDS n’est pas un mouvement anti-juif, c’est une organisation citoyenne désirant pointer du doigt la colonisation israélienne et affaiblir économiquement l’état israélien pour libérer le peuple palestinien et que celui-ci accède à sa souveraineté territoriale.

Comme dit précédemment, le boycott a fait ses preuves de manière significative à travers différents conflits dans le monde et l’Histoire. Il me semble essentiel de le rappeler sommairement afin que tout un chacun fasse appel à sa responsabilité citoyenne face à l’interdiction du boycott des produits israéliens et en même temps face à la situation catastrophique et stagnante du peuple de Palestine. Il est primordial de rappeler ces faits historiques également afin

que toi-lecteur aguerri-tu comprennes l’impact économique et symbolique de cette lutte non-violente qui sert les opprimés et affole les oppresseurs. De 1948 à 1991, l’Afrique du Sud est soumise au régime de l’apartheid. Un appel au boycott économique, culturel, sportif se construit au cours de ces années, mené par Nelson Mandela, figure emblématique de la résistance en Afrique du Sud puis à travers le monde. En 1973, l’ONU reconnaît le régime d’apartheid comme un « crime contre l’humanité » et cette reconnaissance offrira un regain inestimable aux actions menées par les opposants à l’apartheid. Cet exemple est le plus significatif quant au poids du boycott au cœur d’un conflit colonialiste. Ce sont des millions de citoyens qui se mobilisèrent afin de faire fléchir le gouvernement sud-africain et dénoncer les opérations menées contre les civils.

L’impact du boycott pour contrer la politique néfaste d’un pays est représenté de manière efficace dans le cas de l’Afrique du Sud. Le gouvernement israélien objecte à travers plusieurs déclarations les actions menées par BDS et diverses associations, universités, banques ou entreprises. Cependant, l’Union Européenne ordonne l’étiquetage depuis le 11 novembre 2015, des produits israéliens en provenance des colonies occupées par l’état israélien depuis 1967.

Symboliquement, c’est une prise de position minime dans le débat politique sur la situation palestino-israélienne (1 à 3% des produits israéliens importés en U.E) quand on sait qu’elle a interdit tout les produits en provenance de Crimée après l’annexion de la Russie, rappelle François Dubuisson, professeur de droit international à l’Université libre de Bruxelles. L’appel au boycott lancé par la campagne BDS fait écho partout dans le monde et c’est ainsi que plusieurs pays en viennent à rompre des liens diplomatiques, économiques, culturels, universitaires. Les conséquences de cet appel ont montré par exemple, qu’entre 2013 et 2014, l’investissement étranger en état israélien a chuté de 46 % selon le rapport 2014 de la conférence des Nations Unis.

Actuellement, le mouvement BDS fait l’objet de diverses enquêtes judiciaires auprès de ses membres suite à la décision de la Cour de Cassation votée en octobre 2015. Soutenu par diverses associations telles que l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) ou l’Union Juive Française pour la Paix qui se déclarent solidaires avec les militants jugés en attendant que l’appel soit porté auprès de la Cour Européenne de Justice. L’AFPS déclare sur son site internet qu’elle utilisera « toutes les voies de droit, nationale et européenne, pour que la liberté d’expression soit respectée ».

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Iman

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