Actu : La Ville de Marseille expulse facile ! (par Gérald Perilli)

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44 jours après le drame du 5 novembre ou deux immeubles du centre-ville de Marseille se sont écroulés sur leurs occupants, les 8 morts retrouvés ne semblent pas avoir eu d’impact sur la Mairie qui continue la même politique avec le même cynisme.

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Il pleut sur Marseille, l’eau s’infiltre dans les murs d’immeubles délabrés. Des gouttières cassées ou inexistantes, des canalisations percées. Au 13 novembre, plus de 400 personnes évacuées. Puis 703, 1206, …, 1400 personnes au 26 novembre. 22 jours après le drame du 5 novembre, une psychose s’installe parmi les habitants de logements insalubres, il pleut beaucoup ces dernières semaines, les infiltrations affaiblissent les bâtiments, les gens ont peur. En réponse au choc, les habitants ont lancé des marches en solidarité, ils demandent justice, des collectifs se créent. Le journal la Marseillaise a lancé une enquête, le 8 novembre en partenariat avec des associations luttant contre l’habitat indigne, l’état des lieux est sidérant, les témoignages pleuvent.

A titre d’exemple, parmi plus de 150 retours d’enquête, un journaliste de la Marseillaise se rend sur place dans un appartement du boulevard Rougier et décrit dans l’édition du 22 novembre, « les fissures se multiplient, …, ajouté aux fuites, à l’humidité, aux portes qui bougent et qui coincent ». Ou encore depuis la cité de la Gardanne dans le 10ème arrondissement, « les toilettes sont prêtes à s’écrouler, les cloisons peuvent céder à tous moments, on observe d’énormes champignons de moisissure… ». En réaction, pour la gestion de crise de la Mairie, Karine, une dame expulsée du 85, rue d’Aubagne, conclue : « Tout se passe très mal ». Une autre personne renchérie « les personnes des services de la Mairie sont totalement incompétents ».

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Incompétence ou système organisé depuis plus de 20 ans sous les années Gaudin ?

Un constat, la Marie profite de la situation d’urgence et de la peur des habitants pour expulser à la va vite. Des immeubles non dangereux ont été évacués, comme celui de Léa au 87, rue d’Aubagne, « mon immeuble n’était pas dangereux mais ils ont évacué toute une partie de la rue ». Dans certains cas de façon illégale sans même avoir établi d’arrêtés de mise en péril. Dans le cynisme et le mépris le plus total, la Mairie en profite pour gentrifier massivement. La solution proposée a été de loger les évacués provisoirement dans des hôtels et ouvrir 200 logements « disponibles » alors que 36000 logements sont vides à Marseille ! Le Bizness de l’immobilier n’est pas impacté. Le problème du logement à Marseille, une blague, une mascarade, un problème dont on n’a pas tous les éléments. Un bref calcul : Une personne à l’hôtel à 65 euros la nuit coûte prés de 2000 euros par mois. Et une famille de 4 personnes, un couple et deux enfants ? Plus de 4000 euros ? Quatre fois le prix d’un loyer ! Le clientélisme de la Mairie peut perdurer : Le prix du marché immobilier reste stable, les immeubles vides et les amis hôteliers engrangent environ 2 millions de chiffre d’affaire supplémentaire pour un mois sur le dos des expulsés. La facture est salée et le système Gaudin continue.

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« La gentrification avance masquée »

La gentrification avance masquée, en dehors des discours officiels. Une politique néanmoins réelle qui opère à Marseille. La ville délaisse la population la plus pauvres dans des taudis jusqu’à ce que les immeubles soient inhabitables, elle préempte et rachète, pour ensuite rétrocéder les immeubles aux promoteurs. Le centre-ville doit être pour ceux qui ont de l’argent. Méprisant les marseillais et leur histoire, Monsieur Gaudin oubli que depuis deux millénaires, Marseille, porte de la méditerranée, est une ville populaire et métissée.

Mais 8 morts sont 8 morts de trop. Les habitants s’organisent en collectifs, les associations sociales aussi, les langues se délient. « Il y aura un avant et un après ». La ville et ses habitants n’en finissent plus de crever depuis le début de l’ère Gaudin il y a 23 ans. C’en est trop ! A l’image du débat organisé par la Marseillaise mercredi 21 novembre, du collectif du 5 novembre ou de l’assemblée de la Plaine, les habitants sont décidés à ne plus accepter cet état de fait.

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Gérald Perilli

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