Poésie : « Épilogue » (par Tofka)

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Épilogue

Fracas de printemps s’abat sur le goudron, brisant le silence, noyant la pestilence.

La mémoire longtemps transfigurée en origami puéril, lentement efface ses plis, revenant à l’informe que les temps originels lui avaient octroyé.

Trahison mesquine d’une utopie vengeresse, que le bonheur espérait tendresse.

Le vent soudain agite les branchages brouillons, autant de mains griffues qui lacèrent et mettent à nu les viscères de l’âme démunie, offerte à la vindicte de divinités cruelles et sournoises. Frêle, elle tremble et vacille sous les fourbes assauts des souvenirs perçants.

Les cieux s’habillent de suie, tandis que roule au loin le tonnerre. Tourments à venir auxquels déjà le cœur brisé se soumet. La conscience résignée, s’épuise et succombe. Artères desséchées, qui s’étiolent et disparaissent, ne laissent plus transparaître que l’esprit momifié par l’instant de terreur. La fin, sœur jumelle de la délivrance se repaît enfin, satisfaite de son œuvre. Ricanements sordides et feulements de prédateur repu à la vue de sa proie gisante accompagnent les hurlements des prochaines victimes…

Mais l’eau s’écoule inexorablement vers l’égout salvateur qui de la misère ôtera toute trace. Décidément, de Dieu ne restera une fois encore que l’épieu, implacable…

Tofka

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