LITTÉRATURE : « LES CANNABELLES » / EPISODE 4 – « La Conquête de Cannaceae » (PAR ANN)

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Les Cannabelles

4 – La Conquête de Cannaceae.

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Le zénith venait à peine de frôler le sommet d’un ciel sans nuage que tout était ficelé, la rébellion et les Canailles survivants. Les Cannabelles en une nuit avaient fait un tri drastique parmi leurs compagnons endormis. Elles avaient anesthésié les étalons qu’elles emporteraient pour le grand voyage et avaient empoisonné les autres sans aucun remords, délivrées de toute compassion inutile. Les mères prirent sur elles pour envoyer ad patres leurs garçons qui n’offraient visiblement pas toutes les espérances raisonnablement exigibles. Elles ne gardèrent que les plus prometteurs. Les femelles reconnurent bravement quelques erreurs dans le choix des fioles mais rien qui put compromettre les grandes lignes de la Cabale. On rectifia le sort des bancals qui avaient échappé à l’épuration. Il y eut un moment de flottement, les rescapés implorèrent les insurgées, certaines prêtes à fléchir pour quelques licencieux souvenirs.

– Que vous importe ma mort solitaire sur cet astre déserté bientôt par la gent féminine ! Quand vous serez parties, je pourrai sans vous porter préjudice, encore regarder le soleil se coucher et embrasser la terre qui me fit naître …

– Tais-toi, la pauvre Isa est morte pour te laisser mordre le téton de Ninon, ta nourrice qui tu fis tourner en bourrique… fit une vieille édentée pleine de fiel car elle savait qu’elle ne ferait pas le voyage.

– Souvenez-vous, dans ma jeunesse, je ne fus pas un ingrat. Vos mères disaient même que j’étais un bon coup ! plaida un mâle aux tempes grises.

– Il me fit bien de l’usage, confirma une ancienne maîtresse au vilain cœur d’artichaut.

– Tel qu’il est avec ses quarante hivers, il est usagé. Pas de quartier ! fit la grande prêtresse au regard dur en levant la hache salvatrice. Mes sœurs ! continua-t-elle sans un regard aux deux morceaux de chairs ensanglantés jonchant à ses pieds. Je n’attendais de vous, pas plus de vaillance. Je suis fière de vous mais il faut se rendre à l’évidence : les places sont comptées sur notre vaisseau. Nous devons sélectionner parmi nos étalons, ceux que nous emporterons dans nos cages. Mesdames à vos instincts ! Nous ne garderons que les meilleurs, les autres mourront d’épuisement sous vos caresses.

On peut dire que les Cannabelles avaient su mettre à profit les cours d’économie ménagère qu’on leur avait infligés. Elles entamèrent leurs essais en exigeant des Mâles entre deux éjaculations dont la semence finissait dans l’instant en paillettes, qu’ils embarquent les bagages dans les soutes ; d’énormes containers à trainer des hangars sur le tarmac, ces immenses espaces qu’ils durent ensuite balayer. Un geste inutile et jubilatoire ! Le geste, celui qui épuise les plus indociles, un défaut rédhibitoire qui conduisit directement au gibet. Elles mettaient leur malice au service de la cause. Elles avaient fait provisions de plaisirs, pour la route interstellaire qui promettait d’être longue.

Les élus pucés et enchaînés furent enfin affrétés dans les transbordeurs orbitals ; chacun à sa place, chacun à son rôle ! Patafiole ! Patafiole !

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Ann

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Episode 1http://foutouart.fr/litterature-les-cannabelles-episode-1-la-cannabiere-par-ann/

Episode 2 : http://foutouart.fr/litterature-les-cannabelles-episode-2-le-monde-de-cannae-par-ann/

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