Le pied de biche déglingué, hors série : « Ulysse urbains » (par Alcinthe Phileste)

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Les chroniques du pied-de-biche déglingué, proposent un petit aperçu des ouvertures et des expulsions de squats les plus rocambolesques dans la région lyonnaise ces dernières années. Il s’agit de légendes urbaines entendues ici et là par l’homme qui a vu l’homme qui a vu le squatteur ou l’huissier, il nous est impossible de vérifier la véracité de ses dires. Les personnages et les situations de ces récits étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Ou pas…

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Le pied de biche déglingué, hors série : Ulysse urbains.

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 Parfois, lorsque vous sortez de chez vous il vous arrive de croiser dans la rue ou bien dans les transports une femme hirsute embrassant un arbre, un homme à moitié nu qui parle seul ou encore un farfadet rougeâtre qui braille des chansons de Disney en tentant désespérément d’échapper à des dragons invisibles. Tantôt inquiétants, tantôt comiques ces « autochtones » croisent votre route quotidiennement, se posent quelques instants dans votre vie, vomissent sur le trottoir puis disparaissent au détour d’un contrôle de police ou d’un séjour en hôpital psychiatrique.

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 Qu’advient-il de ces Don Quichotte modernes une fois que vous êtes tranquillement rentrés chez vous ? Au vu de leurs situations, on se console en pensant qu’ils sont forcément pris en charge par de quelconques associations humanitaires ou services sociaux, après tout c’est aussi pour cela que l’on paye des impôts. Mais une fois de plus le squat va faire office de soupape sociale.

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 En plus des familles expulsées de chez elles, des réfugiés et migrants, des déshérités en tout genre que les pouvoirs publics traquent et persécutent au lieu de leur permettre de vivre décemment, les habitants des squats accueillent fréquemment les laissés pour compte de la psychiatrie. Trop fous pour être hébergés dans des foyers pour sans abris, pas assez pour être internés ou pris en charge.

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 Certains se contentent de poser des devinettes à leur verre de bière, désinfectent les chaises en permanence, font venir des voitures par avion, insultent les pigeons et les voisins et, se croyant dans un foyer d’accueil, demandent où se trouve la salle télé et cherchent le directeur pour se plaindre du manque de maïs dans la salade. D’autres s’entretiennent longuement avec eux-mêmes avant de se rendre compte qu’ils sont leurs propres interlocuteurs, une dispute éclate entre « eux- mêmes » pour déterminer lequel doit se taire.

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 Et puis arrivent ceux que l’on n’avait pas vu venir, tout se passe pour le mieux et d’un seul coup l’un d’eux exécute un pain au chocolat dans un verre de javel, « pour l’exemple » parait-il. L’une se met à tourner sur elle-même en espérant pouvoir passer dans la dimension supérieure après avoir au préalable vidé toutes les boissons qui contenaient de l’alcool dans les toilettes, sacrifice nécessaire pour purifier son âme. L’autre se constitue un pagne en couteaux de cuisine et sort par la fenêtre du premier étage pour ne pas être repéré.

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 Enfin il y a l’ancien légionnaire souffrant d’un syndrome post traumatique qui continue de « parlementer » mais va bientôt être obligé de « neutraliser ». Alors, on rigole moins et parfois on appelle la police, comme pour cet homme nu qui essaie de sauter dans le barbecue ou pour ce type qui nous attend devant la porte avec une machette.

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Et tout ce petit monde vient tranquillement s’ajouter au quotidien paisible du squat entre les flics, les concerts, les activités pour le quartier, les soirées de soutien, les huissiers, les expulsions, les mafias immobilières et les marchands de sommeil…

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Chronique : Alcinthe Phileste

Illustrations : T-Rox

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