Pâle emploi : Des jours pour être communiste (par Dr. Stro)

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En marge des grandes manifestations contre la loi EL Khomri, notre journaliste est parti en reportage le cul posé dans son salon.

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J’aurais dû aller à la manif mais j’ai trouvé plus urgent de rester chez moi, à me gratter les couilles et à écrire de la pôôôésie. J’avais mes raisons. C’est important la pôôôésie. Comme les couilles. Et puisque j’ai abandonné 20% de mon salaire pour avoir le droit de m’occuper de couilles et de pôôôésie toute la journée du jeudi, et puisque le propos du mouvement social était justement les conditions de travail, il m’a semblé important de ne pas renoncer à mes prérogatives sur la glandouille.

Seulement voilà : depuis que comme tout un chacun j’ai troqué la plume contre le clavier, j’ai pris l’habitude d’afficher régulièrement les pages internet de grands médias nationaux, des fois qu’une stars du rock ou un gastronome télévisé ait eu l’idée de mourir pendant que j’écrivais mon poème.

Et, là, j’ai été effaré : non seulement lesdits grands médias nationaux, au milieu de l’après-midi, consacraient au mouvement moins de place qu’ils n’en auraient consacré au sauvetage d’une tortue marine en Patagonie septentrionale, mais en plus, si on se fiait au traitement fait par exemple par L’Obs, tout portait à croire que la France était occupée par des hordes de lycéens revenus à l’état sauvage et occupés à recouvrir les CRS de peinture jaune et à dégrader le mobilier urbain.

Or, à part Paris, il ne semble pas que le mouvement, très suivi dans ce que nos élites supérieurement résident dans le 75 appellent gentiment la province, ait tellement dégénéré.

Je ne suis pas conspirationniste, mais il y a des façons de traiter l’information qui me feront toujours marrer. La France était-elle vraiment prise en otage par de dangereux casseurs ?

J’ai été vérifier ce matin. Apparemment, non.

Ce matin, le lendemain donc, des compléments d’information avaient été apportés. Mais quand même, la comparaison des gros titres entre un grand média national et une feuille pour cocos passéistes reste édifiante :

Le Monde : « Incidents en marge des manifestations, mobilisation en baisse. »

L’Huma : « 1,2 million de personnes dans les rues contre le projet de loi El Khomri. »

Il y a des jours où il faudrait être communiste, quitte à baigner dans le formol dans les réserves du Muséum d’histoire naturelle.

Je me demande d’ailleurs si la pondération relative avec lequel l’information a été traitée a posteriori n’est pas dû au fait que, pour une fois, les lycéens d’Henri IV ont été du mouvement. Car, pour le coup, on peut en bouffer en long en large et en travers, du lycéen d’Henri IV.

Que l’implication des bébés-élites de la Nation, qui ont pour habitude de ne jamais manifester, soit à remarquer et à saluer, c’est une chose. Mais pourquoi leur parole est-elle amplifiée au détriment de celle de tous les autres lycéens de France ? Parce qu’ils sont plus beaux ? Parce qu’ils savent mieux s’exprimer ? Parce que leurs parents, leur oncle, leur tante, leur beau-frère est justement le rédacteur en chef de nos beau médias nationaux ?

Je laisse aux analystes compétents le soin d’éclairer ce point. Et je retourne à ma pôôôésie, faut pas déconner.

En tout cas, eu égard aux quelques vidéos de passages à tabac d’ados qui circulent çà et là, il y a quand même une chose qui me rassure : la police française, malgré ses égarements sentimentaux de janvier 2015, semble être redevenue elle-même, ouf. C’est toujours bien de pouvoir se fier à quelque chose.

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Dr. Stro

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