Tour du Monde/ Découverte : Radio Ucamara, la radio qui lutte en faveur des indigènes d’Amazonie (par Spone)

Spone en Amazonie

a

– WAKARITAMA

– LA FUERZA DEL PUEBLO

– LA FORCE DU PEUPLE

SUR LA RADIO UCAMARA, QUI LUTTE EN FAVEUR DES INDIGENES D’AMAZONIE

a

a

Aujourd’hui je peux écrire ce que j’ai pu voir / lire / entendre en étant logé dans la Radio UCAMARA, lors d’un projet de mur peint à Nauta, en Amazonie péruvienne. 

a

Les natifs de la région, les Kukamas, prônent et défendent une belle manière de voir les choses.  Du positif – du respect de la nature, des animaux, des plantes médicinales –du magique, un imaginaire en osmose avec leur environnement….

Mais après quels efforts ? Quel parcours pour réussir à faire exister leur identité ?

Un peu de culture exotique sur une lutte dont on n’entend jamais rien. 

Cet  » article  » constitue un écho de cette lutte sociale qui concerne, je le pense, plus qu’une petite communauté perdue sur la planète. 

Ainsi qu’un APPEL AU BOYCOTT des entreprises qui écrasent consciemment cette culture, actuellement plus que jamais – Coca Cola (et les dérives gazeux) – Ferrero (et toutes les merdes à base d’huile de palme comme Nutella) – Nestlé – et toutes les entreprises pétrolières.

Pour voir la région et les gens en question, avant de lire l’article, tu peux regarder ce clip réalisé par la radio. 

a

Les images donnent facilement le sens :

a

a

D’IQUITOS

Amazonie toujours, la plus grande ville accessible seulement par voies aériennes ou par les fleuves, Iquitos a été construite par les  » maisangaras  » (homme blanc mauvais, en Kukama) pour servir de hub commercial afin de regrouper tout ce qu’ils pouvaient récolter et revendre. Comme le coin regorge de ressources, Iquitos a attiré toutes sortes de  » patrones  » (patrons). La ville s’est vite développée et sur les vieilles photos on pourrait croire à un vieux Londres ou Paris avec les  » patrones  » blancs en riches costumes, et les femmes avec de belles robes et ombrelles. 

Seulement ici, il y avait des gens, toutes sortes de tribus et de communautés, finalement réduites en esclavage, surtout durant la période du caoutchouc…

a

a

DE NAUTA

Amazonie toujours, à quelques heures de voiture d’Iquitos sur une rare route asphaltée, Nauta. Cette petite ville/ port a été construite avant Iquitos, par les indigènes. Comme elle se trouve au bord du rio Marañon (qui devient plus bas l’Amazone) les communautés locales affluent ici, la plus présente, celle de la région, les Kukamas.

a

a

DE L’ESCLAVAGE

Avec l’arrivée des colons blancs, les Kukamas, comme d’autres, ont été écrasés. Les  » patrones  » n’en avaient rien à foutre de leur culture, s’intéressaient à la manière de comment mieux les enchaîner pour la récolte du caoutchouc. (Chaînes + collier à voir dans un musée à Iquitos). L’esclavagisme, le trafic et le boom du caoutchouc a perduré un moment jusqu’ à ce que la technologie avance et que le caoutchouc tombe en désuétude. Des graines d’arbres à caoutchouc ont aussi été envoyées sous d’autres latitudes, dans d’autres colonies, comme en Inde. 

Les pourritures capitalistes s’en sont alors allées à la conquête d’autres sources de profit. Laissant Iquitos et les indigènes meurtris prêts à subir aveuglement d’autres abus. Ce fut ensuite le défilé des opportunistes, l’exploitation du bois, des peaux d’animaux rares, du pétrole bien sûr, de l’huile de palme, de composants pharmaceutiques naturels etc… On arrive à notre époque et rien n’a véritablement changé. Les gringos (blancs) gèrent les haciendas et les exploitations pétrolières à leur manière, et les indigènes triment. Pour un salaire, mais dérisoire, dans de meilleures conditions, mais aveuglement, sans se poser de questions devant les fuites des pipelines qui se vident dans les rivières.

a

a

DE LA CONTAMINATION

Aujourd’hui, les rios Marañon et Ucayali, berceau des Kukamas, sont de plus en plus contaminés, par les compagnies pétrolières, la déforestation, et surtout l’installation durable d’une consommation de masse et du capitalisme.

De l’eau potable dans les tuyaux ici ? Non. 

Qui vend alors des bouteilles en plastique (pétrole) d’eau potable ? Coca Cola. 

Où retrouve t’on les bouteilles de plastique ? Dans le fleuve. 

On te dit   » Pachamama « quand les gens balancent leurs bouteilles dans l’eau, ce qui vient de la terre retourne à la terre. LOL. L’étape  » profit  » et  » matérialisme  » qui intervient dans la chaîne bloque le processus. Ici on mange des Juanes, riz cuit dans des feuilles d’arbres, l’emballage est naturel, là il y a du  » Pachamama « .

L’Amazonie dépassera toujours n’importe quelle culture / pays / région en autosuffisance. Il y a TOUT ici, TOUT pour vivre en harmonie avec la nature sans la niquer. Mais le poisson meurt, la pollution débarque ici aussi et les types sont bien contents de bosser dans les exploitations pétrolières pour pouvoir se payer une vie pépère que le gouvernement aimerait calquer sur les occidentaux.

D’ailleurs le nom  » Amazonie » vient des Amazones, mythologie grecque. ( ??? )

a

a

DU FUTUR

Les témoignages des anciens sur l’exploitation des communautés indigènes dans les ressources à profit sont légions. Les frères et sœurs militants pour les droits des indigènes, encore vivants ou assassinés, sont légions. Ceux qui passent entre les balles et qui militent pour calmer les exploitations et la contamination, il y en a. Les  » Apu « , chefs des petits mouvements de luttes indigènes, il y en a. Des revendications, des motivations aussi…

A Nauta donc, les Kukamas luttent pour sortir la tête d’un passé obscur. Ils sondent leurs familles en quête de contes, histoires, croyances anciennes qui font leur culture et leur identité. 

WAKARITAMA, la force du peuple. Ici les indigènes s’étonnent de voir des blancs qui les soutiennent et les gamins Kukamas, après avoir maté Rambo, sortent avec des flingues en plastique pour buter de l’indien. 

Il y a quelque chose de pourri à changer ici, c’est joli à voir depuis ta  » lancha « à touristes (bateau-plateforme avec hôtel rempli de gros, vieux, pales et moches) pour ta descente de l’Amazone, mais tu ne captes pas ce qu’il s’y passe.

a

a

DE LA RADIO UCAMARA

Selon une journaliste américaine installée de longue date au Pérou, qui s’intéresse à ce type de lutte sociale, la Radio UCAMARA serait le SEUL, l’UNIQUE lieu du genre au Pérou. » Instituto de promocion social Amazonica  » et radio indépendante locale (bien que l’antenne ne fonctionne plus depuis un an), le lieu se bat pour la culture Kukama. En galère de thunes, l’équipe réalise des documentaires sur la culture indigène régionale, des clips et des chansons qui militent contre l’exploitation et la destruction de la foret, des fleuves, organise des concerts, des concours de masques, édite des livres de contes Kukamas à distribuer gratos aux écoles, organise des cours de Kukama, ateliers photo, dessin, projets de murs peints etc…

Léonardo, qui gère la programmation et les projets Kukama, gère plus qu’un simple centre culturel. Il permet à la lutte indigène d’exister médiatiquement, localement et sur les réseaux pour que tu puisses y accéder et prendre conscience de ce qui se passe. Son frère, militant a été assassiné, c’est chose courante ici, alors la lutte se fait plus profonde, plus forte, naturelle, affaire personnelle et globale. 

Ce qui est dingue c’est que même au Pérou, les indigènes sont méprisés. Alors pour faire exister une radio et des projets qui poussent à changer les choses en bien c’est chaud. Sur la plupart des projets audio-visuels-papier-événementiels, le gouvernement est partant pour aider financièrement mais demande à pouvoir réécrire les textes et à se placer en auteur. 

La radio pourrait avoir une subvention mais doit pour cela arrêter de dire « du mal » du gouvernement. Pour Léonardo, la radio ne dit pas  » du mal  » du gouvernement, mais simplement la vérité.

– Alors en voyant les touristes occidentaux voyager au Pérou pour explorer un peu plus les différentes manières de vivre en harmonie avec le monde, avec la nature, pour apprendre de l’autosuffisance, de la manière (antique) équitable, responsable et propre de consommer les ressources, on sent que quelque chose de bon peut arriver, que les générations futures auront une meilleure manière de gérer la civilisation humaine. Mais ces belles choses à voir n’ont pas toujours été prospères et ne se développent pas tranquillement. Et les bases de beaucoup de  » shows  » nature (éco-villages) / Magiques (rituels chamaniques) / en union avec la nature (danses trad.- avec plumes dans les cheveux) sont souvent purement commerciales. 

Il serait donc important, au moins de savoir, que cette mentalité exotique et fraîche qui va peut-être nous permettre de faire rétrograder l’humanité en douceur, se bat bec et ongles pour survivre et exister dans son pays d’origine, et que c’est une énergie de la survie et de la lutte que tu ne verras jamais sur les chaînes documentaires à la télé. 

A soutenir avec force !

La lutte continue

Spone

a

a

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *