Actu : Appel à la pensée du point rouge (par Noura Mebtouche)

la france pr+®f+¿re les blondes2Photomontage : James Nettoyant-Vitre

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Souviens toi, déjà tout enfant, des éclats de rire que les clowns t’inspiraient.

A cette époque, on avait déjà commencé à préparer ton cerveau à être conditionné.

Le clown, l’Auguste, celui qui fait rire  mais qui a envie de pleurer.

Eh bien, il est de retour. Dans une république française qui n’en finit plus de naviguer entre sophismes pseudos  intellectuels douteux et alliances réprobatrices, faute de vouloir vraiment des politiques dignes de ce nom, c’est-à-dire jusqu’au bout…

Pourtant,  la France de Vichy nous avait déjà montré le mauvais chemin, celui d’une France s’abîmant derrière la contemplation d’une France à l’histoire volontairement tronquée, de laquelle on ne voyait plus que les parties immergées d’un iceberg éphémèrement glorieux, dont les parties immergées se seraient formées toutes seules.

Comme si on était plus capable de comprendre le sens de notre histoire.

Et bien, à l’aube de ces régionales, nous avons, nous, français, à nouveau oublié le sens de notre histoire…

Cette dernière ne serait rien d’autre qu’un éternel recommencement, et les affiches front national, montrant de façon ostentatoire les deux blondes sont là pour en témoigner. Sans cracher dans la soupe cinématographique et souligner la pertinence du titre hollywoodien « les hommes préfèrent les blondes », il faudra cependant se souvenir que ce dans ce dernier, le rôle principal était joué par une fausse blonde fortement décolorée.

 Comme quoi, le politique tient à peu de chose, et il suffit parfois de gratter un peu la couche superficielle du bûcher des Vanités, pour saisir l’essence même des choses.

Cette fois-ci, il s’agit de renouer avec notre historicité : cette dernière ne saurait se résumer à l’extrême droite.

Et pourtant,  ce dernier s’engage maintenant sûrement sur le chemin sacré des élections, qui au fur et à mesure que le temps passe s’avèrent de plus en plus importantes pour nos vies , même si l’abstention est encore forte.

Effectivement , la troisième voie est la solution en France.

Je veux bien sûr parler de la troisième voie, celle qui se situe entre la droite capitaliste et la gauche plus social, et censée être plus humaine.

Le clivage est dépassé, mais chez nous, au lieu que ce soit la société civile qui s’y engouffre, cette dernière a été supplanté par une nouvelle vague de couleur brune et légèrement teintée de rouge : celle crée de toutes pièces par les amuseurs du politique qui se sont ingénié à créer une troisième voie factice , celle du parti mal nommé depuis peu les Républicains.

Là où on aurait dû avoir à faire à une réconciliation de cette société civile que l’on ose plus nommer peuple français tant on a peur que sonne à nouveau le goût de la révolte, et tant ce terme nous rappelle les heures les plus graves de notre histoire, je veux dire un accord consensuel qui noue les parties les plus extrêmes de notre échiquier politique de la gauche à la  droite, on assiste à un déchirement irrémédiable entre les deux parties de l’hémicycle avec en son milieu une large traînée rougeâtre qui représente l’actuel parti républicain. Ce dernier a fait dans le rassemblement jusqu’à la caricature : il a pris de la démagogie de la gauche, de la violence et de la xénophobie ainsi que de la fermeture d’esprit du FN, de la rigidité et de l’évidente méconnaissance de la société de ces grands patrons à qui on a pas su faire comprendre qu’être patron en France, c’est remplir une mission sociale autant qu’économique et que la logique de profit à elle toute seule ne suffit pas à justifier l’usage des facilités octroyées par l’État, payées par ce même peuple que l’on veut écraser sous de bas salaires et ce que l’on appelle la flexibilité.

Maladroitement, Jacques Sapir a voulu esquisser un début de théorisation de cette France nouvelle qui après avoir séparé le bon grain de l’ivraie chez chacun aurait crée un consensus Politique avec un P majuscule. Mais sa voix n’a pas été forte et les bons esprits se sont insurgés à l’idée de cette accointance avec  certaines idées du FN comme le protectionnisme (seulement des industries naissantes), soucieux de ménager leur image de représentants de la bonne pensée, eux qui payent la bonne venue du Bangladesh avec l’argent des allocs (enfin, ce qu’il en reste).

Se présentant à la place du peuple, le parti la Républicain a tout dévoyé se refusant de surcroît, après ces régionales version premier tour, à laisser ce qui lui reste comme derniers représentants d’un gaullisme sincère faire alliance avec la gauche du même acabit pour constituer un vrai « fond républicain » de cohabitation.

Ces derniers sont le double visage du populisme et d’une certaine forme d’absolutisme dévoyé car ne rassemblant que ce que ce dernier a pu avoir d’avilissant et s’est ingénié maladroitement à s’immiscer dans la brèche qui ne demandait qu’à être remplie par le vrai politique afin de nous servir entre autres plats d’un festin royal à plusieurs viandes, un éparpillement de politiques mal pensées dans le long terme et à visée uniquement électoraliste.

Ainsi, de la politique de proximité qui aurait pu nous éviter la recrudescence des trafics et mafias en tous genres ainsi que les attentats qui ont dernièrement frappé la France, ainsi également de nos politiques économiques qui n’ont pas su penser à long terme la manière dont nous allions créer nos emplois dans le futur, ainsi également de nos politiques environnementales qui, sans l’Europe,n’existeraient pas.

Ainsi appelle t’on glorieusement à ne pas fusionner la gauche et la droite pour le deuxième tour,    nous privant des joies d’une nouvelles cohabitation à l’échelon régional qui aurait pu inaugurer nos nouvelles régions récemment remaniées et les habituer aux joies de la coopération. Le message est lancé , le coche est dépassé : nous n’aurons pas un XXIème siècle riche et constructif. La France a perdu.

Et le point rouge , celui du nez du  clown, l’Auguste, l’empereur qui concentre tous les pouvoirs et finit par tomber dans une danse cocasse et pathétique, de continuer à nous narguer.

Ils étaient nombreux, à la Belle de Mai à être venus soutenir la lutte  contre la déchéance de notre pertinence culturelle, et faire chacun leur point rouge sur un mur repeint en blanc.

Feuille blanche, celle d’une nouvelle histoire à écrire, par nous, le peuple…

Nous voulons continuer à avoir le droit de rêver, d’être créatifs…Quand le fameux point rouge quittera t’il nos nez pour finir avec l’approbation unanime sur les murs repeints en blanc d’une République enfin libérée du conditionnement qu’ont laissé 600 siècles de colonisation romaine ?

Noura Mebtouche

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