Pour Luce, par Pierre Lacôte
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Pour Luce, par Pierre Lacôte
Comédienne, artiste et figure haute en couleur de la vie culturelle lyonnaise, Luce Békistan nous a quittés début octobre. Elle laisse derrière elle le souvenir d’une personnalité libre, fantasque et profondément humaine. Pierre Lacôte lui rend ici un hommage émouvant, nourri d’humour et d’affection.
Pour Luce
Luce Békistan, quel joli nom, quelle belle géographie personnelle. Je ne sais pas où Luce l’avait trouvée. Était-ce son pays ? Qui nous le dira maintenant ?
Le théâtre était son expression, mais c’était un art vraiment personnel, une mise en scène avec peu de scène, presque rien, sinon les murs, les architectures présentes, les arbres…
Je la revois jouant une Joconde dans une sorte de castelet, dans une salle du musée des Beaux-Arts de Lyon, devant Véronèse. Elle jouait aussi les dames-pipi avec ironie. Elle aurait aimé jouer cette Joconde au Louvre. Elle était parisienne. Elle m’avait demandé de faire une demande, un peu en lousdé, mais le conservateur en charge n’a pas daigné nous répondre. Honte à lui ! Les habitants de la Duchère sont moins bégueules et se souviennent de son humour quand elle venait à la maison !
Je me souviens d’un coup de téléphone surréaliste où nous avions échangé nos lieux d’attache, elle à la Croix-Rousse et moi devant le Trocadéro. On décrivait ce que l’on voyait en marchant.
Elle adorait la contradiction, la surprise, les contre-pieds :
– Mais vous êtes qui ?
– Ben, heu…
Dommage quand même, Luce, tu aurais pu rester un peu.
« Bon, qu’est-ce que tu bois ? »
Par Pierre Lacôte
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