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Scylla

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2016 aura vraiment été une année noire… Scylla, alias René Pierre Carriol, s’en est allé au Paradis autogéré (sans centrale nucléaire) le 7 décembre dernier, renversé par une foutue voiture à deux pas de chez lui…

Il fut un contributeur occasionnel du Foutou’art, mais surtout pour moi, mon professeur de bio préféré au collège Maurice Scève à la Croix-Rousse. Je le voyais comme un homme ayant eu mille et une vies.

Il était à la fois militant écologiste et libertaire mais aussi profondément humaniste. Il fut journaliste (militant et scientifique), chercheur et professeur de biologie, passionné d’animaux marins et préhistoriques, etc.

Jeune, il vendit le journal Hara-Kiri sur Paris et rencontra l’équipe du Professeur Choron. Il voyageait constamment pour rencontrer des militants anarchistes et se battre contre les injustices sociales à travers le monde. Scylla était un touche-à-tout de génie.

C’est grâce à lui que nous collaborions durant 3 ans avec le journal mensuel Courant Alternatif…

Peace
Sacha

Les articles de Scylla :
📰 Articles

Hommage rendu sur le site de l’Organisation Communiste et Libertaire Adieu à René-Pierre, camarade et ami

Vivre Mai 68 à 20 ans avait évidemment marqué René-Pierre à jamais, comme bien d’autres, et il aurait atteint ses cinquante ans d’un engagement aussi actif que tenace dans des collectifs militants et des luttes sociales si un véhicule n’était venu stopper net, et absurdement, le cours de son existence en le renversant mercredi 7 décembre à Lyon.

Au cours de la décennie 1970, René-Pierre Carriol baigna dans les multiples mouvements contestataires de la période, militant particulièrement pour une écologie sociale et politique et dans les milieux antinucléaires, et s’intéressant aux expériences communautaires dans la vie quotidienne. Il aimait arpenter seul les rivières en pêchant à la mouche (au Pays basque, en Suède ou ailleurs) mais aussi partir se promener en fourgonnette à l’aventure avec une copine ; il aimait écouter des chanteurs engagés – par exemple Morice Benin –, aller rire aux spectacles de Font et Val, lire, aller au cinéma, faire de la photo, collectionner les journaux militants…

Après avoir été étudiant pendant plusieurs années en sciences à Jussieu, il avait choisi d’échapper au service militaire en partant enseigner comme coopérant dans un petit village au pied de la Kabylie, en Algérie – pays où il conserva des ami-e-s, la fidélité dans ses relations étant une de ses qualités, et pour lequel il garda un intérêt et un attachement certains. Il avait ainsi connu Vital Michalon, professeur dans le même établissement que lui, qui participa comme lui à la grande manifestation de Creys-Malville, contre le projet de centrale nucléaire de Superphénix, et qui y fut tué par la déflagration d’une grenade offensive.

De retour en France, René-Pierre sillonna avant la mode Paris à vélo, pour participer aux actions de nombreux comités de lutte ou pour vendre La Gueule ouverte et le Charlie Hebdo de la bonne époque. Il fit également partie de divers collectifs vendant ou réalisant des publications d’extrême gauche et libertaires. Des librairies telles que La Boulangerie et La Gryffe. Et surtout des revues : René-Pierre intégra le groupe anarchiste qui publiait La Lanterne noire. Il connut également le collectif lyonnais qui concoctait Informations rassemblées à Lyon (IRL).

Quand la rédaction d’IRL souhaita du renfort, René-Pierre créa avec d’autres une rédaction parisienne et IRL fut rebaptisé Informations et réflexions libertaires. Cette collaboration dura jusqu’en 1986, tandis que le groupe parisien fondait le bimensuel de réflexion libertaire Noir & Rouge. 33 numéros virent ainsi le jour jusqu’en 1995.

Ce qui frappait chez René-Pierre, quand on le rencontrait, c’était son rire sonore et ce regard qui semblait vous étudier – un peu comme si vous vous trouviez sous un microscope électronique à balayage à la place de ses petits crustacés préférés, les balanes. Ayant fini par présenter une thèse d’Etat en paléontologie, René-Pierre était devenu un des rares spécialistes de ces bestioles au niveau international, et il passait dès qu’il le pouvait quelques heures en chercheur libre au Muséum national d’histoire naturelle.

La Nouvelle-Calédonie fut aussi un terrain militant pour lui, avec les « événements » qui s’y déroulèrent à partir de 1984 : après la création du FLNKS, l’assassinat d’Eloi Machoro et de Marcel Nonnaro, puis le massacre d’Ouvéa. René-Pierre s’investit alors des années durant dans le soutien au peuple kanak – à travers l’AISDPK, la CLA, ou encore l’émission Peuples en lutte sur Radio-Libertaire.

Et puis René-Pierre prit une part active à l’expérience du local Des libertaires éditent (DLE), à Pantin : un lieu commun pour diffuser les publications libertaires. DLE accueillit divers collectifs parisiens et lyonnais, ainsi que des titres de l’ACL, de La Digitale ou de Nautilus.

Après quoi, René-Pierre partit s’installer à Lyon avec Cecilia. Il adhéra alors à l’Organisation communiste libertaire (OCL). Dans la lignée de ses préoccupations militantes premières, René-Pierre tenait la rubrique « Vertement écolo » dans Courant alternatif, sous la signature de Scylla.

Les camarades et ami-e-s que René-Pierre y comptait ne sont toujours pas revenu-e-s de sa brutale disparition, et partagent avec Cecilia, sa compagne pendant quelque vingt-cinq ans, sa profonde affliction.

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